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Affichage des articles du octobre, 2020

Inestimable

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      Une colombe est posée sur le béret, sur la partie arrière du béret, la plus haute en altitude. Nous dirons un mètre quatre-vingt-cinq.   Le monsieur est un accordéoniste.  Il sait peut-être jouer d’autres instruments.   On ne sait pas si c’est lui qui a posé la bouteille vide derrière lui juste au coin de la fenêtre.      Il a chaussé des lunettes noires.  Il porte un manteau.  Par-dessus, sur ses épaules, il a déployé une pièce de tissu aux motifs floraux, maintenue par les bretelles de son « piano du pauvre ».   Il ne semble pas que ce soit une protection imperméable.   Il a la tête légèrement penchée vers l’avant. Est-ce l’effet conjugué du poids de l’instrument, de sa concentration, et de sa volonté d’apporter un certain confort à sa complice perchée -voir plus haut- ? Côté main droite de l’instrument, on aperçoit la plaque du fabricant « De Bruyne ». Trois autres complices, de paisibles colombes, sont posées sur un perchoir sur la gauche de l’instrument. Elles

Irradié

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  Quelle chanson fantastique !    Irradié, Irradié, Je suis le sage, le fou, le débile Je suis du village l'idiot Et j'entends les rumeurs de la ville J'entends les passages cloutés Bercants les piétons sages Au rythme des feux verts Dans le désert des embouteillages Irradié, Voyageur immobile, Irradié, Je suis le sage, le fou le débile et Je suis du village l'idiot Et j'entends les rumeurs de la ville Compagnon des lézards obscènes Je déjeune à minuit Des girafes rôties Qui battent encore de l'aile Sous le menton crochu des sorcières malsaines Irradié, Voyageur immobile, Irradié, Je suis le sage, le fou le débile Je suis du village l'idiot Et j'entends les rumeurs de la ville Je suis Celui qu'on veut, Celui qu'on croit, Celui qu'on voit danser sur les nuages bleus Tirant des cordes de ma lyre Des sons hallucinants Qui font bondir Les petits du tapir au fond des entonnoirs, Les soirs où sur eux s'abattent Fièvres et cauchemars Je suis la

Inextricable ?

Préambule :  Pas de précision sur les pronoms, qui ou quoi s'y cache, même si j'avais des choses bien en tête à l'écriture. Chacun se fera son idée. A sa façon.    Je suis Charlie Tu es perdu Il est encore temps ? Il suit son cours Je suis enseignant Tu suis le mouvement Il ne se retourne pas Nous sommes en pilotage automatique Elle est …les bras m’en tombent   On n’en peut plus Ils sont fous Tu es perdue Nous suivons accablés Vous suivez vos études Elles suivent des traces Je veux le silence Elles sont désespérantes   Nous sommes morts Elle est encore temps Vous êtes effondrés Ils suivent de plus en plus mal On veut le silence Être Ou ne pas suivre    

Illimité

L’espèce humaine m’a donné le droit d’être mortel le devoir d’être civilisé la conscience humaine deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien le nez au milieu du visage deux pieds deux mains le langage l’espèce humaine m’a donné mon père ma mère peut-être des frères on ne sait des cousins à pelletées et des arrière-grands-pères l’espèce humaine m’a donné ses trois facultés le sentiment l’intelligence et la volonté (…) RAYMOND QUENEAU ( L’espèce Humaine ) Battre la campagne (Gallimard, 1968)  

Imperturbable

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L'Oulipien de l'année c'est chez Zazipo (... voir le lien dans la colonne de gauche). Un des cent mille milliards de poèmes de Queneau en est le support que l'on peut trafiquer à sa propre sauce quasi indéfiniment. J'ai finalement envoyé quelques méfaits, que j'avais également mis en ligne ici, il y a une dizaine de mois, mais sauf erreur, il en reste trois -réalisés plus tard- demeurés inédiffractifs.   Les voici, dans l'ordre de fabrication ! Le titre parlant d'une valise, je me suis amusé à movaliser tout le texte... Mon côté pied de la lettre !   Basé sur une inversion systématisée dans chaque phrase, ce qui nominalise quelques verbes et inversement... Une aspirine ? Enfin, ce qui sera certainement ma dernière contribution, un hommage à l’œuvre de Queneau où je m'amuse à caler les titres au mieux, parfois en les découpant pour mieux coller à la syntaxe de la phrase. 

Interprétation

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Cela fait un moment, que dis-je, des années que je ne regarde plus - dès que j'ai l'occasion - les films doublés en version française, mais en version originale sous-titrée...   Cela ne m'empêche pas, kilucru, de traduire...les génériques,façon béta gamma et quelques tiroirs !    Saurez-vous les retrouver ?  Jean Daim -  Mathieu Démon -  Jean Quand -  Frédéric Hamster - Antoine Reine - Olivier Françoise -  Kevin Jambon - Antoine Bande-de-rats - Catherine Blanquette -  Antoine Parking - Bertrand Stylo - Jean-François Ponts -  Jacques Chant - Jean Opel - Stanley Loreille -  Charles Chine - Olivier Pierre - Michel Renard - Tom Creux -Jacques Cittron - Laurence Olivier - Grégoire Paic         Mise à jour du 16.10  Après la performance de haut niveau de La Taulière, il est temps de révéler les quelques rares réponses qui manquent ! Merci à tous.   

Imprévu

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    Alors qu’il était seul pour ouvrir la missive, la stupéfaction générale fut sa première réaction. Ce qui augmenta sa perplexité mais ne dura pas. Ensuite, son cerveau fit des bonds (une première), un frottement de neurones le transforma en guirlande de Noël, ce fut comme ...un éclair dans la nuit, comme... la foudre s’abattant sur l’arbre. Cette sorte de transe dura un moment, il pensait confusément à toutes sortes d’achats, cadeaux, dons… comme des plans sur la comète.    Il n’en revenait toujours pas, comme maintenu en ébullition ou en suspension funambulesque. La chance, le coup de bol monumental, et cela même s’il se mit à additionner 2 et 2, ou se lança dans des recoupements...  Il remit alors la main quasiment par hasard sur un prospectus reçu dans la semaine. Il se mit à croire à certaines choses.    - Oui, ça marche ! Il en oublia même qu’il n’avait pas joué.