Immanquable
Inédit
J’ai attrapé la poésie.
Je crois que j’ai serré la main
à une phrase qui s’éloignait déjà
ou à une inconnue qui avait une étoile dans la poche.
J’ai dû embrasser les lèvres d’un hasard
qui ne s’était jamais retourné vers moi.
J’ai attrapé la poésie, cet espoir virulent.
Voilà un moment que ce clair symptôme de jeter
les instants devant soi était devenu une chanson.
Ne plus être confiné dans un langage étudié,
s’emparer du mot libre, exister, résister
et prendre garde à ceux qui parlent d’un pays mort
alors que ce pays aujourd’hui nous regarde.
À présent, on m’interroge, c’était écrit :
« Votre langue maternelle ? » Le souffle.
« Votre permis de séjour ? » La parole.
« Vous avez chopé ça où ? » Derrière votre miroir.
« C’est quoi alors votre dessein, étranger ? »
Que les mots soient au monde,
même quand le monde se tait.
J’ai attrapé la poésie.
Avec, sous les doigts, une légère fièvre,
je crève d’envie de vous la refiler,
comme ça, du bout des lèvres.
Carl Norac (né en1960 à Mons, Belgique)
– Deuxième poème de Carl Norac en tant que Poète National.
https://www.midisdelapoesie.be/73e-saison/
Itinéraire
On discute, on peste, on s’indigne à juste titre à propos de l’essentiel.
Sans le savoir, et c’est pour cela qu’on ne pourra pas me qualifier de visionnaire, j’ai cheminé le long de cette question dès le mois d’octobre en trois occasions rapprochées, on pourrait dire trois actes au propre comme au figuré.
Samedi 10 octobre, j’ai pu
assister à un moment vraiment très agréable, de ceux où l'on se sent humain et vivant, à la médiathèque -de chez moi, que je
les adore- avec une présentation de la rentrée littéraire, par une librairie partenaire
(Merci chère Stéphanie) de la grande métropole voisine. Une première, et une réussite.
Ce fut un beau moment de partage, avec parfois la lecture d’une phrase, d’un passage et juste après des échanges d’impressions, des discussions et prises de notes sur le calepin.
J’ai pu mesurer aussi que parler des livres qu’on a lus, le faire avec talent et sensibilité, c’est un métier. Allez, on va dire un métier essentiel.
J’en ai retiré ceci, notez au passage que j’ai déjà lu et beaucoup aimé le « Jazz à l’âme » figurant en bas de liste.
Le début de l’acte III commence ces derniers jours, je sais donc cette fois-ci que je suis bien au cœur de la question de l’essentiel, mais toujours pas visionnaire. On ne peut pas être partout, que voulez-vous, même l'ubiquité est en cours de réglage.
Car cette petite épopée de lecteur serait incomplète si je n’avais reçu le numéro 4 des Ecrissures.
Mais qu’est-ce que c’est...
entends-je mugir derrière les écrans ?
La Taulière donc, cheville ouvrière de cette belle aventure car c'en est une (d'aventure, pas de cheville... et j’avoue en avoir plein le machin du mot projet) , m’a incité à m'en procurer les numéros au fil des parutions (super, je les ai tous !). Le prix ? 6 euros, c’est donné !
D'accord, mais qu’est-ce que c’est, vous impatientez-vous-je ?
Flash info
Mise à jour après une pause de trois mois, un nouveau blog TEXTURES a démarré le 18 mai 2022. Ici.
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