Nous allons étudier une question qui, en ces temps troublés, peut rendre délicate la tenue d'activités ludiques à la maison dans la plus grande des quiétudes et, avouons-le, compromettre un certain confort.
Le bon jeu avec le bon matériel.
1.
A première vue, le simple fait d'utiliser un jeu de tarot (78 cartes) pour taper la belote en toute tranquillité ne devrait pas effrayer grand-monde : il suffit d'extraire les 32 cartes habituelles et le tour est joué. Ensuite, il suffit juste de s'habituer à la taille des cartes et d'éviter certains réflexes.
Ne pas appeler un roi, ça ne se fait pas, ne pas chercher partout les 46 cartes manquantes, etc..
Vous pouvez, si vous souhaitez faciliter l'acclimatation, tenter des expériences, comme on met du piment, par exemple ajouter le cavalier dans chaque couleur, mais il faudra prévoir sa valeur en points, sachant qu'on pourra hiérarchiquement le conserver entre la dame et le valet. Vous vérifierez à toutes fins utiles que cette mesure ne perturbe pas un éventuel joueur d'échecs qui tente sa chance aux cartes.
Pour compter, je vous conseillerai bien le cavalier à 3 points, car 2,5 ça va compliquer les comptes.
Je n'insiste pas car je ne vois là aucune difficulté.
Bonne partie !
2.
La question est sans doute plus épineuse lorsqu'on décide jouer coûte que coûte au tarot, à cinq, avec un jeu de belote de 32 cartes. On touche là à une espèce de pari pascalien, un défi à l'innovation et à l'adaptation. Je suis sûr que vous en sentez immédiatement toute la stimulation intellectuelle intrinsèque.
Le matériel ?
32 cartes, cinq joueurs, ça nous met le chien à 2 cartes minimum, avec 6 cartes par joueur.
En l'absence de règles adaptées, on peut donc expérimenter, le tout étant de rester d'accord et, question chien par exemple on peut tenter de passer à 7 cartes, voire 12, 17 ou encore 22 et même 27.
Cette configuration ultime, si elle a le mérite de simplifier la tâche du distributeur, a par contre l'inconvénient de baser inéluctablement le jeu sur le hasard et de rendre extrêmement aléatoires les annonces sur les contrats demandés.
Notons également que la partie en elle-même connaît des tours de jeu
beaucoup plus rapides, surtout avec un chien à 27 cartes. On pourrait en
extrapolant dire qu'elle semble vider le jeu de son sens premier.
En tant que chantre de l'égalité, je vous déconseille fermement un
nombre différent de cartes par joueur, d'autant que ça peut maintenir aussi un peu de fraternité.
Au passage toujours, je vous déconseille également fortement et fermement de découper des cartes par moitié (en hauteur longueur ou diagonale) pour éviter des manipulations délicates et des confusions avec le puzzle au fil du jeu.
Cette question logistique ne saurait occulter certains biais ; à la belote il n'y a pas de 21, pas d'excuse et pas de 1.
On peut se mettre d'accord et utiliser trois des quatre 7 pour cela, il suffit de choisir les couleurs utilisées et on peut mettons écarter le 7 de pique et lui conférer habilement un statut de paria.
Si vous disposez d'un jeu jetable, mais jetable après, je vous conseille volontiers et assez fermement de colorier directement sur les 7 choisis comme 21, 1 et excuse et d'écrire PARIA au feutre indélébile sur le 7 de pique.
Un roi à appeler, ça doit marcher, reste à définir les contrats en nombre de points. Pas très dur je pense.
Et puis si vous oubliez quelque chose, avec un minimum d'inventivité et une belle dose de mauvaise foi pour
compenser l'inévitable plasticité des règles due au changement de
matériel, ça doit quand même marcher.
Et il faut saisir comme une chance l'occasion de pouvoir débattre au beau milieu d'une levée. En plus, en ce moment, on a le temps.
Je vous rassure, on peut aussi décider de jouer au jeu prévu avec le matériel requis.
Je vous rappelle aussi qu'on peut décider de ne pas jouer...
NB :
La semaine prochaine,
-jouer au scrabble avec des pâtes alphabet et du parmesan, les deux paquets étant entamés évidemment.