Affichage des articles dont le libellé est EcoleDeLaPatience. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est EcoleDeLaPatience. Afficher tous les articles

Illimité

L’espèce humaine m’a donné
le droit d’être mortel
le devoir d’être civilisé
la conscience humaine
deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien
le nez au milieu du visage
deux pieds deux mains
le langage
l’espèce humaine m’a donné
mon père ma mère
peut-être des frères on ne sait
des cousins à pelletées
et des arrière-grands-pères
l’espèce humaine m’a donné
ses trois facultés
le sentiment l’intelligence et la volonté
(…)

RAYMOND QUENEAU ( L’espèce Humaine )

Battre la campagne (Gallimard, 1968)

 

E comme ... Eux deux / Espoir





Sur la noirceur du soleil, sur le sable des marées
Sur le calme du sommeil, sur mon amour retrouvé
Le soleil se lève aussi
Et plus forte est sa chaleur
Plus la vie croit en la vie, plus s'efface la douleur
Pour ces semaines très noires, pour ces belles assassinées
Pour retrouver la mémoire, pour ne jamais oublier
Il faut te lever aussi
Il faut chasser le malheur
Tu sais que parfois la vie a connu d'autre couleurs
Et si l'espoir revenait
Tu n'me croiras jamais
Dans le secret, dans l'amour fou
De toutes tes forces
Va jusqu'au bout
Et si l'espoir revenait
Sur mes doutes et ma colère, sur les nations déchaînées
Sur ta beauté au réveil, sur mon calme retrouvé
Le soleil se lève aussi
J'attendais cette lumière
Pour me sortir de la nuit, pour oublier cet enfer
Pour voir ce sourire d'enfant, pour ses cahiers déchirés
Pour enfin que les amants n'aient plus peur de s'enlacer
Le soleil se lève aussi
Le soleil se lève aussi
Le soleil
Et si l'espoir revenait
Tu n'me croiras jamais
Dans le secret
Dans l'amour fou
De toutes tes forces
Va jusqu'au bout
Et si l'espoir revenait
Pour la noirceur du soleil sur le sable des marées
Pour ta beauté au réveil, pour mon calme retrouvé
Et si l'espoir revenait
Tu n'me croiras jamais
Dans le secret
Dans l'amour fou
De toutes tes forces
Va jusqu'au bout
Et si l'espoir revenait

Réflexions philosophiques en milieu artificiel


Pas nostalgiques du tout, 
car nous n’y mettons plus que très rarement les pieds, 
une récente expérience en hypermarché 
a ravivé quelques souvenirs et constatations. 
Les voici, tirées de mes archives ... .


Étant donné un chariot C de volume V, comment y faire tenir rationnellement toutes les courses que l’on a notées sur la liste L ?
Véritable défi à relever, acte gratuit dans un espace où tout s’achète, c’est une épreuve en plusieurs temps.
Tout n’est pas gagné d’avance et il convient d’évaluer ses chances à partir de paramètres précis.
On sera en difficulté si, petit a, l’affluence est forte et que la facilité de navigation s’apparente à un embouteillage urbain de niveau 3…
On ne sous-estimera pas, petit b, les produits manquants sur lesquels on pensait appuyer sa construction.
On disposera par contre d’atouts indiscutables si, petit c, on connaît le supermarché et l’organisation des produits dans les rayons…
Et si, petit d, on a une liste et qu’on s’y tient.

On prendra garde toutefois à un dernier point qui disqualifie d’office : la feuille de salade dans la roue arrière. Rien n’interdit de vérifier le chariot avant !

Et c’est parti. Au fur et à mesure de la progression dans le magasin, la collecte s’organise. On prend les paquets, les boîtes ou les sacs qu’on dépose dans le chariot en traquant le plus petit interstice, le moindre trou volumique exploitable. Et on se surprend à anticiper et à placer le produit directement au bon endroit, et … dans le bon chariot.
Un petit sentiment de plénitude commence à sourdre et on contemple le fond du chariot, tapissé entièrement, ce qui empêche logiquement d’apercevoir le carrelage au travers.
L’épreuve redoutée des légumes peut commencer. Les sacs informes s’empilent, prenant une place précieuse.
Ils font chuter le taux de réussite de l’opération baptisée secrètement “Compact”. Et l’on se prend à regretter le bon temps des biscottes, pâtes ou conserves qui s’empilent et s’emboîtent géométriquement si harmonieusement.
Comme une sorte de génie civil appliqué aux solides.

La fin approche, une terrible épreuve qui peut nous barrer la route du Graal. On se dirige à la caisse où il faut rompre le bel agencement, même imparfait, du chariot : on remet tout sur le tapis roulant. Banco !
L’ordre de chargement est désormais inversé et il s’agit de composer avec l’arrivée aléatoire des achats que la caissière fait passer sans se douter une seconde de l’enjeu.
On a bien tenté de contrer son action en disposant les achats avec précision sur le tapis. Rien à faire, non !
Pas ça, nooon, pas maintenant !  Trop tard.
On essaie bien de réutiliser certaines astuces de la collecte, mais, difficulté supplémentaire, le temps nous est compté. Pression conjuguée de la caissière, rapide, et du client suivant, parfois pressé et souvent vieux. 
Si bien que le chargement du chariot est presque toujours moins bon après le paiement. De là à errer indéfiniment dans les allées sans jamais sortir ... il y a un pas... Et puis ça ferme ces endroits.
On sort, on charge machinalement la malle de la voiture, on est un peu démobilisé, les poireaux dépassent...

L’utilisation rationnelle du volume du chariot, ce sera pour la prochaine fois !

NB : Et depuis, je n'y mets pratiquement plus les pieds ! 

Flash info

    Mise à jour  après une pause de trois mois, un nouveau blog  TEXTURES a démarré le 18 mai 2022. Ici.