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Farceurs !

 Il y a des constantes diffractives.

L'exercice 2022 pour les serial joueurs oulipiens est paru début janvier. 

Je vous laisse observer qu'il n'y a pas de mots cette année, mais les dessins d’Étienne Lécroart.  

Quartier peut-être un peu plus libre d'un côté, un peu plus contraint de l'autre, allez savoir !  

 


 

Et voici la première réalisation que j'en ai tiré.

 

1984

 



 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diffractions revient le 22 02 2022.



Inhabituel

 


« Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime. »

En arrêt devant la vitrine, Charles Loquosme, le plus fin des meilleurs limiers de la PJ s’interrogeait, à défaut de quelqu’un d’autre puisque nul suspect n’était en vue, tout comme aucun témoin ne s’était manifesté.

Il traînait des pieds. Franchement, ce n’était pas une affaire pour lui. La vieille rengaine des chats à fouetter.

Qui avait bien pu écrire une telle déclaration sur cette vitrine, qui avait mis le gérant de la boutique dans une colère noire. Charles Loquosme n’avait pas manqué de le ramener au calme en lui indiquant qu’il avait échappé à plus infâme, à plus insultant.

Ah ce n’était pas une déclaration enflammée, non, en bleu convenons que c’était assez glacial. Mais ça faisait parler ou jaser dans la rue. 

Si l’on n’y mettait pas bon ordre, le gérant de la boutique allait en faire une jaunisse.

L’enquête démarra mollement.

Une fois que le légiste - convoqué par erreur – eut été renvoyé à son public habituel, la technicienne scientifique dépêchée sur place ne décela aucune empreinte, comme pour surligner et signifier qu’on n’avait pour le moment pas la moindre trace à suivre.

Peu enclin à penser qu’un fantôme avait fait du mauvais esprit, car c'est son expérience qui parlait, Loquosme préféra divaguer. 

Manière de se détendre. Il se disait qu’un bavard facétieux adepte de Gainsbourg aurait rajouté « moi non plus », mais il n’y avait pas la place. Dans ce cas, soit il s’était abstenu. Soit il était passé à l’acte, coincé en bas de vitrine sans pouvoir terminer, ce qui renvoyait à quelqu’un qui avait du mal à planifier, en pleine colère peut-être, bref un impulsif. Ou un désinvolte.

Une influence était-elle envisageable du côté de Ferrat-Aragon ? C’est si peu dire que je t’aime. Et c’est si peu dire qu’on n’en sait fichtrement rien. 

L’hypothèse qu’il n’apprécie pas Johnny pour son manque d’inspiration un peu répétitif était-elle valide ? Que je t’aime, même trois fois, lui aurait paru un peu court…Là, c’était plutôt que je sèche.

L’enquête piétina donc mollement quelques jours. On mit une voiture en planque près de la boutique. On restait en pleine impasse.

Et puis, inopinément, «il» se constitua prisonnier. Il avoua. 

Un désir irrépressible de basse vengeance l’avait saisi et enflammé après un entretien de recrutement où on l’avait recalé.

Ce que le gérant -qui se remettait de sa jaunisse- confirma.

C'était un rédacteur de lettres anonymes en mal de reconnaissance, amateur de karaoké. 

«Il» avait voulu montrer qu’en techniques marketing, il y avait la lettre mais aussi l’esprit. Contrairement à ce qu’on lui avait laissé entendre.

Pas sûr qu'il se soit fait comprendre finalement...

La suite de l’histoire ne dit pas si une seconde chance lui fut offerte.



Initiale /Inventorier /Imaginons...


Nous commençons le second volet avec Paula qui a indiqué "Initiale" puisqu'il faut un début, et c'est une très bonne raison. 
Il s'agit d'un tautogramme. 

  
Ensuite, Espiguette souhaite "inventorier". Pas de problème !
Voici donc d'après Georges Perec ( Déménager) un gestomètre :  
 
 
 
 Enfin, Colo s'en remet à "Imaginons". 
Un mot d'ordre engageant et une direction à laquelle on ne peut que consentir ! 
La contrainte est "A supposer" qu'on rédige en essayant de tenir en une seule et longue phrase...

 
 À supposer qu’on me demande d’être capitaine lors d’une situation délicate de déclaration de guerre avec l’option château assiégé comprise, j’indiquerais d’abord mon attachement à une procédure de désignation ou de nomination juste et égalitaire, car il serait hors de question qu’il n’en soit pas ainsi au cas hélas fort probable où je n’aurais pas pu me nommer moi-même en toute indépendance autocratique, après quoi je préciserais que mon équipe serait déjà constituée avec un certain Simon, ami proche, qui serait mon second et j’insisterais sur la nécessaire confidentialité de cette information, le principal intéressé n’étant pas au courant au moment où je vous réponds, d’autant qu’il vise semble-t-il un poste un peu plus haut sur lequel projeter son ambition, ce qui en fait à la fois mon ami, certes, mais néanmoins mon concurrent, un détail, brisons là, car nous aurions un plan pour repousser l’ennemi, que nous n’aurions pas besoin, par pur pragmatisme et dévouement croyez-le bien, d’identifier plus précisément au-delà de son caractère malveillant, sanguinaire et -forcément- belliqueux, tout au plus de l’assimiler à une horde d’assaillants bas du front dont le nombre – courage insigne de notre part- nous importerait peu, puisqu’entre autres qualités, nous serions experts en tir à la catapulte, manipulée depuis notre plus tendre enfance avec un taux d’accident qui frise le ridicule dans nos propres rangs et une marge d’erreur négligeable du côté des cibles quand l’adversaire est déployé en masse, car, petit bonus, nous serions également héroïques, prêts à nous relever et repartir au combat, chargeant à l’épée, à la seule condition que la blessure soit plutôt légère que mortelle mais sait-on jamais -on est parfois galvanisé par une énergie insoupçonnée- et cela ne manquerait pas de décourager l’ennemi surpris et ainsi renvoyé dans ses vingt-deux mètres, à cela je rajouterais que les dragons mutants, je vous le dis clairement, on les attendrait, car des superpouvoirs que je ne peux -merci de votre compréhension, dévoiler ici, ou alors en crypté- me permettraient de mâchicoulis en mâchicoulis une neutralisation qui de près comme de loin ressemblerait fort à une guerre propre que, me semble-t-il, vous appelez de vos vœux, ce qui nous rendrait le contrôle des opérations et nous autoriserait, après un tel triomphe, à accueillir sobrement et dignement, avec le sens du devoir accompli, les acclamations idolâtres de la foule libérée du joug insupportable et intrusif de l’assiégeant, ceci juste avant la pause – dont il faudrait que nous parlions – car nous aurions quelques desiderata très précis sur les rations de Chocoprinces, il ne vous aura pas échappé que c’est bon pour le moral des troupes, et je pourrais vous renseigner au mieux sur le parfum fraise.

Inconséquent

Le monde entier est un theatre et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles.

 
 
 

Mais quel était ce jeu finalement ?

Quatre ans durant

Un théâtre d’ombres

Conceptuel contemporain et dramatique

Mystérieux opaque

On sentait bien la tendance :

Il faut que cela soit compliqué, difficile

Pour que personne d’autre surtout

N’emboîte ce pas

Bref

…un poker menteur …

« Vous trichez ! Vous n’avez pas les cartes que je vous distribue ! »

Une bataille rude aux cartes biseautées

…Et puis ce fut le bout du tunnel

Un peu comme dans le sujet 47

Sera-ce une bonne pioche ?

Restera-t-il en descendant du Shuttle

des atouts Outre-Manche ?

Quelques cartes maîtresses feront sans doute bonne figure

Faut-il les chercher dans les têtes couronnées ?

Bien.

Tirez une carte. Des suggestions ?

Andrew ?

-Hector le valet avalait des hectares

William  ? 

-Heu… Judith, j’hésite pour l’Édam

Charles ?  

-Alexandre Leroy était dur de la feuille.

 Edward ?

-Manquerait plus que Pallas palisse si la police la pique

 ...

Ok, ça vous embête si on appelle Monaco ?

Flash info

    Mise à jour  après une pause de trois mois, un nouveau blog  TEXTURES a démarré le 18 mai 2022. Ici.