Rideau ?


J’y repense
Dernière séance
Triste échéance
Béance
Dans l’enfance
Si j’avais une doléance
J’aurais bien accepté une créance
Sans la moindre préséance
Ça m’aurait changé en toute bienséance
De mornes suppléances
Que je ne nommerai pas déchéance

Et je …

… me souviens j’avais dix ans
Le Vox cinéma de quartier
Dix minutes à pied
J’entamais le collège
J’allais au ciné-club
Une carte qu’on poinçonnait
Dix films dans l’année
Je me recale dans les fauteuils
Je revois les distributeurs de bonbons
Je me souviens d’une panne
Une bobine ça ne tourne pas toujours rond
Et les films c’étaient des classiques
Et c’était magique
Jody et le faon juste le titre
Je sais plus l’histoire
Fantôme à vendre de René Clair
Que je revois un peu
Et puis le plus frappant
Inoubliable et inoublié
Les disparus de Saint-Agil
Michel Simon
Les Chiche Capon…

J’ai su bien des années après
Que le Vox avait été racheté
Puis avait fermé
J’y repense
Dernière séance
Béance
Dans l’enfance

Laboratoire Mixage III

J'ai plaisir à publier une superbe contribution de la Taulière
( ... à qui j'envoie toutes mes amitiés acolytico-pyramidales et remerciements égyptiens)
et je joins (tout en bas)  mes dernières élucubrations du même type.







Si on se met à échanger entre "mixeurs", quelques précisions :

On peut sélectionner une page (et là c'est au hasard) et chercher l'autre page (moins au hasard) successivement d'un bouquin à l'autre... j'ai commencé comme ça. 
 Maintenant je sélectionne d'abord plusieurs pages à l'avance, j'en tire les trois phrases et je ne fais les appariements qu'après coup en recherchant les associations les plus "porteuses" selon l'intention recherchée. Il faut en fait pas mal de matériau, et il y a pas mal de chutes !


Cela me permet un "lissage" pour que "ça colle" un peu, dans le but d'éviter des associations de phrases trop éloignées, voire incongrues. L'idée générale est cependant de conserver et favoriser un décalage pour aller vers l'imprévu, l'étrange, le bizarre, voire l'absurde, sans exclure d'autres registres ( loufoquerie, absurde seront testés !!!).

Donc, à suivre !








Laboratoire Mixage I

Principe :
-Prendre une page de roman au hasard.
-Ne conserver que trois phrases, celle du haut, celle du bas et à peu près une au milieu de la page.
-Procéder de même avec une autre page, tirée d'un autre roman.
-Assembler ensuite en une seule page les six phrases collectées.
- Mélanger /croiser /choisir l'ordre de lecture en assemblant, on essaiera de garder les positions d'origine...

Premier essai





Live


Le projet Bright Shadows d'Anne Pacéo (batteuse et compositrice) 
nous a emmenés mercredi dernier sur des rivages métissés aussi bien musicalement 
qu'au niveau instrumental, avec l'appoint de deux vocalistes.

Honnêtement, rien de foncièrement neuf, mais une musique 
qui a été portée et partagée sur scène 
avec un bel enthousiasme par le groupe. 

Ce fut un concert chaleureux, aux nombreux moments très vibrants. 
Et l'on ne taira donc pas plus longtemps qu'en ces périodes un peu troublées de notre drôle de monde, cette musique joyeuse fait du bien.  

Le morceau Nehanda en extrait
cliquez sur la photo.

Résultat de recherche d'images pour "nehanda pacéo"

La poursuite du printemps




Le recueil dont fait partie le texte qui suit, rassemble des voix féminines qui s’inscrivent face à la mémoire de Gaston Miron, puisant à son écriture et la prolongeant, voire la bousculant ainsi que l’écrit l’éditeur :
En 1970, le poète Gaston Miron publie L’homme rapaillé, dont le poème liminaire – fondateur – marque l’arrivée, la naissance, l’aube : « je ne suis pas revenu pour revenir / je suis arrivé à ce qui commence ». Près de cinquante ans plus tard, quarante et une femmes poètes, Québécoises dici et dailleurs, de générations et de sensibilités différentes, prennent la parole, pour que le commencement continue d’advenir.
Engagées dans l’avenir, des femmes poètes deviennent ce chant ininterrompu. Elles révèlent par leurs voix autant de chemins d’arriver à ce qui commence, de naître à soi, à l’autre et au monde. Elles écrivent non pas à la suite de Miron, mais avec et contre lui.



D’espérance en commencements
Le voyage dure encore,
qui me mène au commencement de moi-même,
et la traversée ne connaît aucun port.

De vastes ailes, des barques d’absence,
un château blessé. Le vent tourmente
les forêts sans mémoire, perce les épaves,
les ruines déjà rouillées par trop d’hivers.

Je rentre par des chemins dispersés
aux quatre coins de la nuit, par des paroles
accroupies dans la langue de mon père,
des cris, des balbutiements, des mots
en friche qui ne racontent aucune histoire
et croquent le fruit
et attendent le printemps.

J’ai longtemps cherché le seuil
de ma propre maison, les pierres lourdes
du passé encombraient le passage.
Aujourd’hui j’avance vers ce que je deviens,
je me fonde, m’érige,
m’échafaude à l’est de mon arbre
pour que tout commence
avec ce qu’on appelle vivre.

J’ai compris tant de choses
de mes bonheurs et de mes déchirures.
Le temps brûle entre mes mains
comme des feuilles jaunies, l’empreinte
de chaque solitude
que l’on regarde les yeux fermés.

Et si, derrière nos pas, le monde
se remet à battre, que reviennent,
comme les grandes marées,
les terres jamais entrevues,
et si je porte encore une trace,
c’est d’espérance en un commencement
qui nous recommencera.


Hélène DORION

In Femmes rapaillées
sous la direction d’Isabelle Duval et de Ouanessa Younsi,
© Mémoire d’encrier, 2016

Voir aussi sur le site éditions Bruno Doucey

Flash info

    Mise à jour  après une pause de trois mois, un nouveau blog  TEXTURES a démarré le 18 mai 2022. Ici.