L'invitée du Printemps des poètes : Paula 3


Arséni Tarkovski
(In l’avenir seul, Editions Fario, page 73)


Que Vincent Van Gogh me pardonne :
Je n’ai pas pu le secourir;

Je n’ai pas étendu sur son chemin brûlé
L’herbe devant ses pas,

Je n’ai pas dénoué la courroie
De ses chaussures poudreuses

Je ne lui ai pas donné à boire,
Ni ne l’empêchai de se brûler la cervelle.

Au-dessus de moi me menaçait,
Serré comme une flamme, un cyprès.

Jaune citron et bleu marine :
Sans eux je ne serai pas devenu moi-même ;

J’aurais humilié mon propre verbe
Si j’avais laissé choir ce fardeau.

Mais cette rudesse d’ange avec laquelle
Il a rapproché son coup de pinceau

De ma ligne écrite, vous conduit
À travers même ses pupilles

Jusqu’aux étoiles où Van Gogh respire.

Commentaires

  1. Une "rudesse d'ange" : j'aime ! Bon dimanche, K. Restons ouverts.

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    1. Merci Tania,oui, cette rudesse d'ange dit tant en peu de mots, comme ferait un trait de génie du peintre ...

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  2. Tout Van Gogh en peu de mots, très original ce poème, merci Paula et señor K bien sûr.

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    1. Merci Colo, magnifique oui !
      Et l'apport original - c'est vraiment très souvent le cas de la part de Paula- est fort appréciable et apprécié ;-)

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  3. Toute la magie de Van Gogh dans un poème et ce cyprès qui me fait penser au Sud. Merci à Paula et à K de nous faire rêver. Bises alpines... de loin.

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  4. Occasion de dire ici combien je me régale, depuis l'ouverture de cette édition du "Printemps diffractif" ! Le Van Gogh de Tarkovski est particulièrement beau...
    Merci Paula et K de nous offrir - et sans limite de jauge :) - un printemps magnifique - et essentiel en ces temps moroses !
    La Taulière (enchantée)

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    1. Enthousiasme et soutien, appréciation, que demander de plus ? Merci ☺

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