LE LANCEUR DE COUTEAUX & J'ATTACHE DE LA VALEUR 1/18





Et c'est bien sûr l'invitée qui ouvre !

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Fais comme le lanceur de couteaux, qui tire autour du corps.
Écris sur l'amour sans le nommer, la précision consiste à l'éviter.
Détourne-toi du mot solennel, déjà ripaillé,
vise le bord, longe,
le lanceur de couteaux touche de loin,
l'erreur est d'atteindre la cible, la grâce est de la rater.

Erri de Luca . 
"Un aller simple" page 159















J'ATTACHE DE LA VALEUR


« J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne minéral et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de chose.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
[…]
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues. »


 

« Considero valore ogni forma di vita, la neve, la fragola, la mosca.
Considero valore il regno minerale, la repubblica delle stelle.
Considero valore il vino finché dura il pasto, un sorriso involontario, la stanchezza di chi non è risparmiato, due vecchi che si amano.
Considero valore quello che domani non varrà più niente e quello che oggi vale ancora poco.
Considero valore tutte le ferite.
[…]
Considero valore l’uso del verbo amare e l’ipotesi che esista un creatore.
Molti di questi valori non ho conosciuto. »



Commentaires

  1. Un printemps conjugué entre Tyrrhénienne et Manche...de beaux voyages en perspective. Hisse hě ho Captain k!

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    1. Davantage Atlantique pour moi, mais ça va voyager quand même 😉

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  2. A la Poésie que j'ai peu connue, j'attache la valeur des paysages de l'exil.

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  3. Quel magnifique début, merci merci Paul(a) et toi aussi K bien sûr.
    La valeur que j'attache à la poésie est...comment dire, vitale?

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  4. Peu inspirée par ce thème de "la beauté", que je trouve galvaudé et trop général (et puis aussi du genre "sans risque", symptomatique d'une époque que d'aucuns voudraient tiède), je le suis beaucoup plus par les choix qui s'affichent ici en ouverture de ce Printemps des Poètes. Vivent les Italiens, les Australiens, et on guette la suite !
    La Taulière

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    1. Nous -- pardon Paul(a) tu pourras préciser si besoin -- avons voulu dépasser cette tiédeur en nous emparant du mot comme d'une contrainte finalement.

      Oulipoètes !

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