dimanche 10 juin 2018

Terroir, Colombes et Arbres fruitiers.


C’est en 1980 à Montpellier, vraisemblablement à l’automne.
Concert.
Qui enfonce le clou, qui scelle, qui indélébilise.
Julos Beaucarne, déjà apprécié, jamais vu.
Pull incroyable à l’encolure arc-en-ciel.
Quelle expérience !
Ce n'est certes pas le volet musical, les compositions qui sont le point fort mais bien son univers, et les formes où il s'engage : du parlé, du chanté, des mélopées douces et subtiles, quelques clins d’œil humoristiques du meilleur aloi, bref la joie. 
Et quelle simplicité. Douce.

Julos c’est aussi des albums phares que j’ai adorés qui se sont incrustés en moi :
Front de Libération des Arbres Fruitiers, Chandeleur Septante Cinq, Mon terroir c’est les galaxies, Le chanteur du silence, le Vélo volant, Les communiqués colombophiles.
J’ai un peu lâché ensuite, mais n’ai rien oublié. 

Tout ce qu'il nous dit est si juste. Julos, c’est l’amitié et la tendresse, jamais facile,jamais dans la mièvrerie ou la sensiblerie, ces peaux de banane douceâtres qui finissent par écœurer.
Non, avec lui, le poète, l’humaniste, L’émotion est bien là, palpable. 
C’est vrai et profond, et – pour moi- inoubliable.

SI vous voulez aller plus loin, lisez par exemple ici, ce qui est dit avec beaucoup de justesse :  



Une mine. Un trésor. A partager.

Je n'aurai pas le temps de lire tous les poèmes du monde
Et j'ignorerai peut-être longtemps les vers du poète Papou Tumu Tumac
La voix du poète analphabète, l'oral Siméon de Carinthie
Et la voix du poète aveugle d'Afghanistan Oumahum El Kabash
J'ignorerai sans doute jusqu'à ton nom, poète du désert murmurant tout seul, dans ta tente berbère, quelque credo intérieur en pensant à la femme que tu aimes
Je ne connaîtrai sans doute jamais la poétesse nègre d'Haïti
qui chante à son nouveau-né la joie de l'enfanter
Je ne connaîtrai pas Dulciane,
poétesse du fond d'Éthiopie,
mirant son visage de princesse Tutsi dans le miroir de quelque lac de haute montagne
Et la prêtresse noire des hauteurs du Rwanda,
égrenant devant le feu la vieille saga 
et la chanson que chantaient ceux qui n'avaient jamais été à Bujumbura
Ni la voix de cette femme
enterrée vivante au Burundi
Tant de voix perdues,
comme ta voix enveloppée dans la fixité de la mort
 

Je n'aurai pas le temps de lire tous les poèmes du monde



NB: 
Et à propos, si vous ne l'aviez pas remarqué, le nom de cette série de billets est emprunté à Julos, une compilation des 20 premières années de sa carrière ! 

4 commentaires:

  1. Julos? Je ne connaissais pas, c'est chose faite... grâce à toi. Merci Mister K. On s'enlise dans une douce poésie ici et on n'a pas vraiment envie d'en ressortir. Bises alpines.

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    1. Merci de ton passage et de ton message ! A bientôt,

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  2. J'avais 19 ans quand je l'ai vu la première fois. En guise d'introduction il a dit qu'il aimerait venir s'asseoir dans le salon de chacun d'entre nous, ce qui nous a fait rire car nous étions étudiants assis sur des caisses en bois, puis j'ai découvert que c'était l'introduction de sa chanson "Le petit royaume".
    Un wallon universel, une douceur engagée.
    Je ne connais pas le poème dont tu as mis un extrait, il fort!
    Merci!

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    1. Merci Colo,, extrait de l'album 'Le chanteur du silence". Une perle.

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