samedi 28 avril 2018

Phénoménal - trio 1


Berne 
Ducret 
Rainey
= Big Satan

Revoir ce groupe sur scène, c’est déjà une promesse. Je réfléchis : quand les ai-je vu en concert, une unique fois ? Quinze années à rebours ? Un peu plus ? Un peu moins. Malgré mes efforts, je n’arriverai pas à reconstituer le souvenir. Ce dont je me souviens en revanche, c’est que j’ai eu le bonheur de présenter le quartette de Tim Berne, à l’époque où CBS et Columbia le publiaient, un jour de 1987 où je remplaçais au studio 105 de Radio France, dans le rôle de Monsieur Loyal, André Francis parti du côté d’Albi pour enregistrer Carla Bley. Le saxophoniste m’avait alors impressionné, et ce sentiment demeure. Trêve de nostalgie, c’est de Big Satan qu’il s’agit, et de ce concert de Sons d’hiver. Le programme s’ouvre avec une composition de Julius Hemphill : les tambours seuls, aux mailloches, un feu nourri et une tension où vont s’installer bientôt la guitare et le saxophone, dans des unissons extrêmes qui vont diverger en méandres subtils. Et l’on va glisser d’un univers presque violent à un développement concertant, apaisé, dans une composition de Marc Ducret enchaînée à l’improvisation qui suivait l’ouverture. L’essentiel du répertoire sera d’ailleurs constitué de thèmes du guitariste. Il semble être le pourvoyeur privilégié de ces aires de jeu où le collectif est présent, même quand l’un des musiciens improvise seul, écouté-soutenu-porté par ses partenaires. Ce sera le cas de Tim Berne, dans une envolée qui l’entraîne si loin de ses bases qu’il semble étonné, quand il conclut, d’être allé jusque là. Un solo incendiaire de Marc Ducret provoquera le même dépaysement. Quand à Tom Rainey, s’il excelle aussi dans l’essor solitaire, il paraît être l’épine dorsale, avec ce drumming tout en tensions qui distribue le jeu dans le collectif. Et c’est ainsi que, d’effervescence paroxystique en raccords mélodiques maîtrisés le groupe nous conduit au terme du concert, ravis, un peu sonnés, totalement comblés.
(c) Chronique de Xavier Prevost - jazz Magazine  

 

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Merci Caphys, vraiment content que tu apprécies !
      Je connais très très bien les 3 ensemble et aussi sur leurs propres projets ou autres collaborations. Exigence, ils ne lâchent jamais.
      Ducret de retour début mai ici-même en quartet ... Suspense !
      ;-)

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